Pour ceux qui partent et pour ceux qui restent
«Comment pouvez-vous partir en vacances? Dieu ne part jamais en vacances!» : une collègue pasteur aurait, un jour, été ainsi interpelée. Au delà du fait que le pasteur n’est pas Dieu, il y a une vérité profonde dans cette exclamation: Dieu, lui, ne prend effectivement pas de vacances. «Il ne somnole ni ne dort», savait déjà le psalmiste deux millénaires avant l’invention des congés payés (Psaume 121): Dieu ne s’absente pas, et quand il en a l’air, soyons sûrs qu’il n’en est rien.
Le psalmiste avait aussi déjà compris que, à défaut de pouvoir dire que Dieu part, il est en réalité déjà là où nous allons, où que ce soit: «Où m’en aller, pour être loin de ton souffle? […] Je prends les ailes de l’aurore pour habiter au-delà des mers, là encore, ta main me conduit, ta droite me tient.» (Psaume 139). Irais-je à la plage ou à la montagne, tu es là. Voyagerais-je en France ou m’envolerais-je à l’autre bout du monde, te oici. Resterais-je à la maison, ou dans ma maison de retraite, empêché de partir pour des raisons de santé, d’argent, d’obligations familiales ou professionnelles, tu es là. Mais qu’en sera-t-il des autres? Tous partis «sur les ailes de l’aurore»? Surtout le mois d’août est une période difficile pour de nombreuses personnes, entre la canicule, les rideaux baissés des voisins, la fermeture des points de distribution alimentaire, la perte de nombreuses activités et contacts habituels. Alors, rappelons-nous que «au-delà des mers», d’une part Dieu entend nos prières pour nos frères et sœurs. Et d’autre part, aujourd’hui, il y a généralement du réseau pour prendre des nouvelles de ceux qui sont restés, ou poster une carte pour leur faire une belle surprise.
Quant à votre pasteur, oui, elle prend quelques vacances : avec Dieu, forcément.
Pasteur Eva Guigo


