Manque d’eau, mauvaises récoltes : certes

Point n’est besoin de rappeler ici les conditions météorologiques difficiles de cet été, pour nous mais aussi pour nombre d’animaux et de cultures. Les récoltes de nombreuses denrées nous sont annoncées très en-deça des espérances et des normales. Alors, faut-il encore vous annoncer la traditionnelle fête des récoltes du premier dimanche d’octobre, qui fut pendant tant d’années l’occasion de nous réjouir de l’abondance des biens de la terre et de rendre grâce au Seigneur pour cette générosité ?
Il ne fait pas de doute qu’elle est moins débordante sur les terres d’Europe de l’Ouest en 2026 en termes de produits agricoles. Or la surabondance dont nous avons l’habitude, et qui a offert un choix inouï de produits, est-elle la bonne échelle pour mesurer ce qui s’avère suffisant et qui aurait fait déborder de reconnaissance d’autres générations, ou d’autres populations dans des pays moins favorisés ? Le choix se rétrécit comme la taille des fruits, les prix augmentent : sera-ce enfin une incitation à un usage responsable, loin du gaspillage étonnant qui était soutenable jusqu’à présent, un usage basé davantage sur le partage en fonction des besoins ? Le premier dimanche d’octobre est aussi, tous les ans, l’occasion d’inviter à une table richement garnie et décorée avec soin des personnes tout proches de nous qui ne mangent pas aussi facilement à leur faim. Alors oui, n’oublions pas la reconnaissance, pas plus que la solidarité et le soin de la création. Rappelons-nous que la vocation de l’homme n’est pas de se focaliser sur les biens matériels seuls, qu’il « ne vit pas de pain seulement » (Deutéronome 8,3, repris par Jésus en Matthieu 4,4), et que le partage du pain est un geste chrétien par excellence.
Pasteur Eva Guigo

Cher Frère, Chère Sœur,
