ALORS, JOYEUX NOËL ?!

Nombreux en seront les moyens proposés dans le cadre de notre paroisse : étude des vieilles prophéties d’Ésaïe, saynète des enfants, fête de l’Avent et lumière de Bethléem, mais aussi atelier de confection d’emballages réutilisables avec l’équipe Église verte, collecte de cadeaux pour des enfants défavorisés dans les foyers du Centre d’Action Sociale Protestant (CASP), participation des enfants à l’action de cartes de Noël de l’Entraide, à destination notamment des aînés …
Plus qu’aucune autre, cette période comporte son lot de traditions, entre vin chaud et chants sur le divin enfant, si beau, si charmant : au risque d’être soupçonnée d’offrir des bulles de bien-être doucereux à l’écart du monde. Monde qui, à la fin octobre, se déchire tout près de nous dans des affrontements violents dont la fin n’est pas en vue. – Alors, oublions tout, et joyeux Noël ?
Ce serait oublier les circonstances du premier Noël, la future mère menacée du fait de sa grossesse, le déplacement forcé par l’occupant romain, l’inhospitalité de Bethléem, le dénuement de la crèche, la fuite en Égypte, l’exil, la violence du roi Hérode, le sang, la peur, le deuil. Dieu vient à la rencontre de l’humanité, aussi et tout particulièrement quand tout va mal. Génération après génération, son envoyé est acclamé comme « prince de la paix » et juge équitable (Ésaïe 9 et 11), non parce que le monde est pacifique et juste, mais parce que nous aspirons à ce qu’il le soit et que nous croyons que Dieu peut et veut le rendre tel. C’est sa venue dans les ténèbres du monde que nous fêtons à Noël. Dans ce sens-là, oui : joyeux Noël !
Pasteur Eva Guigo

